Publié par Paul Morel

Religion avec le plus de croyant : laquelle domine ?

24 mai 2026

Une foule immense et diverse rassemblant des croyants de différentes religions du monde, symbolisant la religion avec le plus de croyant et la pluralité des foi humaines
Une foule immense et diverse rassemblant des croyants de différentes religions du monde, symbolisant la religion avec le plus de croyant et la pluralité des foi humaines

Quelle est la religion avec le plus de croyant au monde — et que nous dit-elle de l'humanité ?

Mis à jour le 24/05/2026 par Paul Morel

La question de la religion avec le plus de croyant au monde n'est pas seulement une affaire de statistiques : c'est une fenêtre ouverte sur ce que l'humanité a cherché, depuis ses origines, à aimer, à comprendre et à espérer. Avec plus de 2,4 milliards de chrétiens recensés à travers la planète selon le Pew Research Center (2023), le christianisme occupe aujourd'hui la première place, suivi de près par l'islam et ses 1,9 milliard de fidèles.

Une foule immense et diverse rassemblant des croyants de différentes religions du monde, symbolisant la religion avec le plus de croyant et la pluralité des foi humaines

Quelle est la religion avec le plus de croyant dans le monde aujourd'hui ?

La religion avec le plus de croyant au monde est le christianisme, qui regroupe en 2024 environ 2,4 milliards de personnes, soit près de 31 % de la population mondiale. Ce chiffre, établi par le Pew Research Center dans son rapport mondial sur les religions, place le christianisme devant l'islam (1,9 milliard), l'hindouisme (1,2 milliard) et le bouddhisme (520 millions).

Voici un tableau synthétique des principales religions mondiales par nombre de croyants :

ReligionNombre de croyants (2024)Part de la population mondiale
Christianisme2,4 milliards~31 %
Islam1,9 milliard~25 %
Hindouisme1,2 milliard~15 %
Bouddhisme520 millions~7 %
Judaïsme15 millions~0,2 %
Sans religion1,2 milliard~16 %
Sources : Pew Research Center, 2023 ; World Religion Database, 2024

Ces chiffres sont saisissants. Mais derrière chaque statistique, il y a une femme qui prie à l'aube dans une église de campagne bretonne, un homme qui se prosterne vers La Mecque dans un quartier populaire de Casablanca, un enfant qui apprend les premières prières à Varanasi. Les chiffres ne sont que l'enveloppe d'une réalité infiniment plus vivante.

Je me souviens d'une rencontre faite lors d'une maraude à Nantes, par un soir de février glacial. Un homme, Kouassi, originaire de Côte d'Ivoire, tenait dans ses mains abîmées un chapelet usé. Il m'a dit, simplement : « Ma foi, c'est ce qui me reste quand tout est parti. » Cette phrase, je l'ai portée longtemps. Elle dit quelque chose d'essentiel sur ce que cherchent les croyants de toutes traditions.

Comment le christianisme est-il devenu la première religion mondiale ?

Le christianisme est devenu la religion avec le plus de croyant grâce à une conjonction unique d'expansion historique, de force missionnaire et d'un message d'amour universel qui a traversé les siècles sans s'épuiser. Né en Palestine au premier siècle, diffusé par l'Empire romain, puis porté par les grandes missions du XVe au XXe siècle, il a atteint tous les continents.

Comme l'écrit l'historien René Rémond dans Le christianisme en accusation (2000) : « Le christianisme a cette singularité d'avoir voulu être universel dès son origine, non par conquête, mais par vocation. » Cette universalité de principe — « allez, enseignez toutes les nations » — a façonné une dynamique de diffusion sans équivalent dans l'histoire des religions.

Le christianisme se décline aujourd'hui en trois grandes branches :

  • Le catholicisme : 1,3 milliard de fidèles, présent sur tous les continents, avec une forte implantation en Amérique latine et en Afrique subsaharienne
  • Le protestantisme : environ 900 millions de croyants, très divers dans ses expressions, des Églises évangéliques américaines aux Églises luthériennes scandinaves
  • L'orthodoxie : 260 millions de fidèles, majoritairement en Europe de l'Est, en Russie et au Proche-Orient
Ce qui frappe dans cette diffusion, c'est sa capacité d'incarnation locale. À Nantes comme à Lagos, à Séoul comme à São Paulo, la foi chrétienne a su prendre les couleurs des cultures qu'elle traversait sans pour autant perdre son cœur — cette conviction que chaque personne humaine porte en elle une dignité inviolable. L'intérieur d'une cathédrale gothique illuminée par des vitraux colorés pendant une messe, illustrant la pratique collective du christianisme, religion avec le plus de croyant au monde

L'islam, une foi en expansion continue

L'islam, avec 1,9 milliard de croyants, est non seulement la deuxième religion mondiale mais aussi la religion qui connaît la croissance la plus rapide. Selon les projections du Pew Research Center, l'islam devrait dépasser le christianisme en nombre d'adeptes aux alentours de 2075, en raison notamment d'une démographie plus jeune dans les pays à majorité musulmane.

Le professeur Tariq Ramadan, théologien et professeur à l'Université d'Oxford, souligne : « L'islam n'est pas d'abord une civilisation conquérante, c'est une invitation à la paix intérieure et à la justice sociale. »

L'islam se structure autour de cinq piliers pratiques — la profession de foi, la prière quotidienne, le jeûne du ramadan, l'aumône légale et le pèlerinage à La Mecque — qui donnent à la vie croyante une colonne vertébrale quotidienne. Cette dimension de pratique incarnée, rythmant chaque journée, est l'une des forces de cohésion qui explique la vitalité de cette tradition.

En Afrique subsaharienne, l'islam connaît une expansion particulièrement rapide : on estime qu'en 2050, cette région comptera plus de 670 millions de musulmans, contre 250 millions en 2010 (source : Pew Research Center, The Future of World Religions, 2015).

Pourquoi les religions continuent-elles de rassembler autant de croyants ?

Les religions rassemblent autant de croyants parce qu'elles répondent à des besoins fondamentaux de l'être humain : le besoin de sens face à la souffrance et à la mort, le besoin d'appartenance à une communauté, et le besoin de fonder l'éthique sur quelque chose qui dépasse le simple calcul d'intérêt.

Charles Péguy, dans Le Porche du mystère de la deuxième vertu (1912), écrit avec cette profondeur qui lui est propre : « La foi que j'aime le mieux, dit Dieu, c'est l'espérance. » Cette formule paradoxale dit quelque chose de vrai sur la permanence du fait religieux : c'est moins la certitude que l'espérance qui fait tenir les croyants, dans les moments obscurs comme dans les jours de lumière.

À rebours des prophéties de la sécularisation qui annonçaient la mort des religions avec la modernité, le XXIe siècle connaît un regain de vitalité religieuse dans de nombreuses régions du monde. Selon le rapport de l'IPSOS Global Views on God (2023), 62 % de la population mondiale se déclare croyante en un Dieu ou en une puissance supérieure.

Il faut aussi nommer honnêtement ce que les religions peuvent porter d'ombre : les guerres menées au nom du divin, les intégrismes qui ferment l'horizon, les violences commises sous couvert de sacré. Ignorer cela serait mentir. Mais réduire les religions à leurs dérives serait aussi injuste que de juger la médecine sur ses seuls scandales. Ce que je vois sur le terrain, dans les associations, dans les cuisines populaires, dans les couloirs d'hôpitaux, c'est le plus souvent une foi qui soigne, qui nourrit, qui accompagne.

Des bénévoles de différentes traditions religieuses distribuant de la nourriture à des personnes dans le besoin, incarnant la solidarité que portent les grandes religions du monde

Que nous apprennent ces chiffres sur la condition humaine ?

Ces chiffres nous apprennent que l'être humain est, dans son immense majorité, un animal religieux — pour reprendre l'expression de l'anthropologue Harvey Whitehouse. Ils nous disent que la quête de sens, loin d'être un luxe réservé aux sociétés prospères, est une nécessité vitale qui traverse toutes les cultures et tous les niveaux de revenus.

Quand je lis que 84 % de la population mondiale se réclame d'une tradition religieuse (Pew Research Center, 2023), je ne vois pas d'abord un chiffre de sociologie. Je vois des milliards d'hommes et de femmes qui ont choisi, ou qui ont reçu en héritage, un chemin pour traverser la vie — avec ses deuils, ses naissances, ses injustices, ses petites joies ordinaires.

Ce que les chiffres ne disent pas, c'est la texture intime de cette foi. Ils ne disent pas comment une grand-mère hindoue dépose chaque matin des fleurs devant le petit autel de son foyer. Ils ne disent pas comment une femme catholique africaine chante à pleine voix dans une messe de l'aube. Ils ne disent pas comment un jeune musulman européen trouve dans la prière du soir un ancrage quand tout le reste vacille.

Pour explorer comment ces traditions de foi se traduisent en actes concrets de solidarité, je vous invite à découvrir les récits de terrain portés par le Bon Samaritain sur notre site.

Comment la solidarité naît-elle au cœur des grandes traditions religieuses ?

La solidarité naît au cœur des grandes traditions religieuses parce que chacune d'elles place, en son centre, une forme d'amour qui dépasse le clan et oblige à voir l'étranger comme un frère. Qu'il s'appelle agapè dans le christianisme, zakat dans l'islam, dana dans le bouddhisme ou tzedaka dans le judaïsme, ce geste de partager ce que l'on a avec celui qui n'a rien est l'un des invariants de la religion humaine.

La zakat islamique, par exemple, représente l'un des systèmes de redistribution les plus puissants du monde : on estime qu'elle génère chaque année entre 200 et 1 000 milliards de dollars de transferts vers les plus pauvres (Banque islamique de développement, 2020). Les Restos du Cœur, fondés par Coluche mais portés depuis leur origine par une majorité de bénévoles chrétiens, ont distribué plus de 170 millions de repas en France en 2023.

Dans ma pratique de bénévole associatif à Nantes, j'ai rencontré des croyants de toutes traditions qui œuvrent côte à côte sans jamais se demander si l'autre prie de la même façon. Ce qui les unit, c'est une conviction simple : qu'aucun être humain ne devrait dormir dehors, manger seul, mourir sans que quelqu'un soit là. Cette conviction, chaque grande religion la porte à sa façon, avec sa langue propre et ses gestes particuliers.

C'est ce que je tente d'explorer plus longuement dans ma réflexion sur la foi comme acte de présence au monde.

Pour aller plus loin sur les données mondiales des religions, le rapport du Pew Research Center sur le futur des religions mondiales fait référence.

La foi ne se mesure pas en millions de croyants. Elle se mesure à la qualité de l'amour qu'elle fait naître dans les cœurs, aux gestes qu'elle inspire dans les mains, à la lumière qu'elle pose sur les visages de ceux que le monde a oubliés. C'est peut-être ce que Péguy appelait la sainteté ordinaire — cette fidélité de chaque jour, sans éclat, sans témoin, qui est la vraie mesure de toute religion vivante.

Questions fréquentes

Q: Quelle est la religion avec le plus de croyant dans le monde en 2024 ? R: Le christianisme est la religion avec le plus de croyant au monde en 2024, avec environ 2,4 milliards de fidèles, soit 31 % de la population mondiale, selon le Pew Research Center.

Q: Quelle religion est en croissance la plus rapide ? R: L'islam est la religion qui connaît la croissance la plus rapide, en raison d'une démographie plus jeune dans les pays à majorité musulmane. Les projections indiquent qu'il pourrait devancer le christianisme vers 2075.

Q: Combien y a-t-il de musulmans dans le monde ? R: On compte environ 1,9 milliard de musulmans dans le monde en 2024, soit 25 % de la population mondiale, présents principalement en Asie du Sud, en Afrique subsaharienne et au Moyen-Orient.

Q: Quelle est la religion la plus ancienne encore pratiquée ? R: L'hindouisme est généralement considéré comme la plus ancienne religion encore largement pratiquée, avec des traditions remontant à plus de 4 000 ans. Il compte aujourd'hui environ 1,2 milliard de fidèles.

Q: Les personnes sans religion sont-elles nombreuses dans le monde ? R: On estime à environ 1,2 milliard le nombre de personnes se déclarant sans appartenance religieuse, soit 16 % de la population mondiale. Cette catégorie inclut agnostiques, athées et personnes simplement non affiliées.

Q: La religion a-t-elle un rôle dans la solidarité sociale ? R: Oui, toutes les grandes religions portent en leur cœur une obligation de solidarité envers les plus pauvres — zakat en islam, charité chrétienne, dana bouddhiste, tzedaka juive. Ces traditions génèrent chaque année des centaines de milliards de dollars de transferts vers les plus démunis dans le monde entier.

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Paul Morel — Essayiste et bénévole associatif à Nantes, il consacre ses écrits à la dignité humaine, aux gestes de solidarité et à la foi vécue dans l'ordinaire des jours.

Paul Morel

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